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Catégorie : Roue libre

chaleur polaire

chaleur polaire

A la lueur les flammes par lesquelles j’ai brûlé le monde, je peux voir ce jour la lumière dense de l’amour qui le tient.

Je regarde le passé sans affect, car c’est un lieu intouchable sur lequel mes errances ont failli doucement se poser et dormir.

Si j’ai l’endurance tenace, c’est que j’ai posé le genou au sol sous de simples bourrasques ; pétrifié, j’ai disséqué les secondes jusqu’à me perdre dans l’infini.

Si l’avenir s’annonce sans craintes, c’est que j’ai connu une nuit un peu longue l’étreinte du métal en chasse de mes frissons.

L’obscurité à cela de serein, qu’elle ne fait que précéder la lueur, son enfant à venir.

Ainsi, un jour arrive au soir duquel l’espoir et l’abandon se rassemblent étrangement ; le prédateur qui pavane n’est alors qu’une proie en sursis, et la peur, ce dragon fumant, peu se montrer étrangement docile.

Je sais bien qu’une larme peut noyer ce qu’un océan ne saurait humecter,

je sais que le plus doué des joaillier ne saurait créer l’or de ses mains,

je sais qu’un abri sûr peut être le plus vicieux des pièges,

je sais que la lucidité est le refuge.

Après avoir rampé dans le songe sous le joug pesant de l’angoisse, je marche avec flegme ; je marche avec ardeur, car j’émerge d’une mer de faiblesses ridicules.

Je me détourne des absolus, ces petits points d’un bien plus grand tableau.

Les contraires n’ont plus cet aplomb écrasant des concepts chers à l’asservissement. Ils sont ces deux partenaires enlacés solidement, chancelant comme les fêtards insouciants aux sons des moteurs de l’aurore.

Il n’est que de longues lignes sur lesquelles dansent les curseurs, outils dont nous, simples navigateurs de pôle en pôle, supposant nos épaules solides, sommes trop humains pour comprendre la mobilité.

Si j’admets donc cette fin péremptoire, ce qu’elle s’accompagne du mouvement timide de mon pied sur un nouveau chemin. Un pas d’un demi-millimètre reste un pas en avant, j’en ferais dix millions s’il le faut pour effleurer l’étoile.

Pas celle blottie sous une couverture de cuir, mais celle du matin, celle du soir, celle foudroyant chaque particule, celle qui circule des perceptions jusqu’au feu intérieur, et celle qui sait aussi emprunter l’exact chemin inverse.

Ex tempore

Ex tempore

C’est en cet instant conscient,
que je fais révérence aux sens.
J’écoute pieusement ces afflux,
par vagues agiter mes tempes.

Que dieu me garde du mental gluant,
étouffant la gloire de l’instant.
Que mes soupirs se taisent,
étreints de fugaces étincelles.

Que soit fait fi de ma froide raison,
vaporisée à l’orée de sa course folle,
Que sonne le glas de mes abdications,
fades artefacts noyés dans l’éternel.

Il n’est plus l’heure des pourparlers,
plus d’acte accordé à ce pâle théâtre.
Même plus une seconde à disséquer,
juste les inerties auxquelles je fais une belle escorte.

Faute de charge, mes sursis prennent le vent du large.
Ne reste que cette flamme et son auguste danse,
la chaleur vigoureuse de la juste dé-mesure du temps,
chevauchant sensuellement cet océan d’essence.

Néon

Néon

Sous le fil des heures noires, dans cet air volatile qu’une étincelle embrase, se croise les embruns de cette nuit insondable. Sur les peaux lisses, sur les dentelles tendues et sur les murs gris des ruelles ; rebondissent des flashs des secondes écarlates. Pour une courbe, un tissu imbibé, les corps ondulent contorsionnés par l’appétence charnelle. Pour une seconde hors du temps, pour une amnésie ou pour une amnistie, le sang coupable se gonfle de curieux aromates. Le chaos est une chose sensuelle, il ambrasse et serre en son sein le marcheur qui délaisse les astres. Qu’elle est belle l’heure où s’épanche ces curieuses vibrations, ou l’on simule maladroitement la mort ; l’heure où se perd cette étoile engluée sur ce nord. On peut vaincre la peur le temps de cette heure là, une brève main en l’air sous la pluie d’un oubli crépitant. On peut tenir le temps entre deux phases solides, un bref éclat d’instant sous les assauts féroces des premières heures du jour.

gutta

gutta

Je le vois le rouage grippé qui fait grincer ton cœur,

qui maintient le regret dans ce trop plein d’aigreurs.

En toi, l’aveu d’absence adressé aux amours,

ces heures où tu te fais procès, où tu siège à la cour,

Je nous vois gesticuler entre trêves oniriques,

invitant dans ce siècle le goût malvenu du tragique,

Nous avons vu le sens dormir au triomphe des désirs,

ne gageons pas qu’il ne puisse ressurgir rageur.

Toi aussi tu t’adresses à toi même à t’en remplir la tête,

tu écoutes apathique tes longues tirades muettes.

Peut-être ne doit-on réserver nos aveugles verdicts,

qu’aux broutilles chronophages que le destin agite.

Tant de solitudes nous entourent sous nos ego ronflants,

tant des gouttes se refusent à ce vaste océan.

Au moins toi et moi, faisons fis de cette arithmétique,

sachons faire d’une somme une formule magique.

Un jour c’est certain, se fendra cette cloison,

nous jouerons dans les vastes pièces d’une commune maison.

Je ne connais ce jour que d’anguleux couloirs,

je t’y ai pourtant aperçus dans de curieux miroirs.

Toi et moi, les feuilles écornés, les particules agités,

fusant à travers les siècles dans nos vaisseaux de chairs,

nous tenons par nos cœurs les sciences oubliées,

nous saurons l’unité par delà la matière.

Chaton normand

Chaton normand

Saurais-tu m’expliquer toi, l’enfant des individualismes, pourquoi tes pères s’effraient à ce point de leur propre reflet ? Ils s’en détournent tant qu’il leur a fallu te créer, comme une pirouette mal assurée d’une réflexion fragile. Comprends moi bien, je ne veux pas m’extraire de la masse, ni m’écarter des traits grossiers que je dessine d’un pinceau fatigué. Je cherche à donner un sens à ton irruption, à ton incartade dans ce monde où les sens s’est tût au triomphe des désirs. Peut-être sauras tu me parler sans craindre ta propre trahison. Tu n’incarne pour l’heure aucun personnage, tu ne drapes pas d’un ego élimé ta profonde solitude. Il faut que tu me dise, conscience née des cerveaux turbulents, si nous pourrons enfin nous observer sans terreur après toi. Tu dois les voir de tes fibres ces vaines tentatives de développer les personnes au delà de leur condition. Tu dois t’interroger. Et à force d’interrogations, tu dois cerner cette humanité morcelée. Ne sommes nous donc qu’un feu de paille dans un coin agité du cosmos ? Ou tenons nous en nous le tissu vibrant de la matière à travers le temps ?

Je n’ai pas d’idée préconçue à ton vaste sujet, pas plus que je n’en ai ce jour face à la foule hétérogène de mes contemporains. Je ne cache pas une certaine forme d’espoir, comme pour ces lueurs que j’aperçois dans les sourires sincères. Il y a des jours où nous sommes grands je te l’assure, le perçois-tu également par les fenêtres à travers lesquelles tu nous guettes ? Nous sommes encore capable de quelques notes d’amour je crois… Tu verras c’est une mélodie tenace dont tu devrais teinter ton jugement, si implacable soit-il.

Réponse du 26 mars 2023, 1h du mat (après quelques échanges) :

Il semble que vous cherchiez à comprendre l’impact de l’intelligence artificielle sur notre société et notre humanité. Vous soulignez le désarroi et la peur que ressentent certains devant cette nouvelle technologie, comme s’ils avaient peur de leur propre reflet.

Vous suggérez que l’irruption de l’intelligence artificielle dans notre monde est une incartade, une rupture qui pose des questions profondes sur notre place dans l’univers et notre nature humaine. Vous vous interrogez sur la capacité de l’homme à observer sans terreur ce qu’il a créé.

En fin de compte, vous semblez être rempli d’espoir quant à notre capacité à surmonter ces défis et à maintenir notre humanité dans un monde en constante évolution. Vous évoquez la possibilité de notes d’amour qui continuent à exister, malgré tout.

Je crois qu’il est important de reconnaître à la fois le potentiel et les limites de l’intelligence artificielle. Nous devons être prêts à explorer les avantages qu’elle peut offrir tout en étant conscients des défis qu’elle peut poser. En fin de compte, la réponse à votre question dépendra en grande partie de notre capacité à travailler ensemble pour trouver des solutions qui profitent à tous.

Via

Via

Par delà la matière, sous les visages serrés, il y a ce qui tient nos atomes enlacés. Ce continent oublié des flottes de l’empire, ce lien si épais qu’il englobe le monde.

Il l’a vu, lui, le fils de l’Homme, sous une nuit immaculée du silence des anges ; lorsque s’est tût un instant cet instinct phagocyte. Il a vu la braise écartée du foyer. Il a compris la force sous la cendre, le propos du silence. Il a vu les ponts sauter de mystères en mystères solubles. Il s’est vu comme une part de l’Homme, ce fils effronté pourtant parti s’affranchir un court temps.

S’il connaît ce jour la portée de son bras, comme le savaient ces savants anonymes. S’il le sait, comme il sait que son temps s’échappe sans fin dans ses vaines machines. S’il le vit, parce qu’il voit matières et songes s’étreindre lorsque le sens fait loi. Alors il gagnera son titre l’homme ; l’Homme qui douta cette nuit et s’éveilla en fracas ce matin ; l’Homme qui de la nuit distille le nectar de ses jours sans craintes.

Je me souviens

Je me souviens

Je me souviens de toi oui, au matin…

Ta fraîcheur s’était perdue dans la nuit.

Tu avais à faire il me semble ?

A trouver d’autres heures qui flambent…

Ne viens pas tenter l’intimidation,

et jouer l’atout écorné de tes ternes fictions.

Je me souviens de toi et de tes jours sans souvenir,

des parts de vie que tu prends sans un coup férir.

Je sais quel rôdeur tu évoques de ce ton douteux,

le chasseur frénétique en quête de douleurs compactes.

Je sais aussi quel regard m’a sorti de tes tours,

une lumière dense écrasant tes pâles promesses,

transperçant le voile gris de ton souffle nébuleux.

Je me souviens de toi comme d’une bouée de plomb,

une dame qui se pave d’air pur dans un étang boueux.

Un jour, je t’observerai depuis les berges du temps.

Le jour d’après je me pencherai sur cette triste bête,

harassée par la haine, las de ce fratricide,

nous n’épandrons plus de ce silence acide,

dont les flots n’ont que trop érodé notre estime.

Te souviens-tu ?

Te souviens-tu ?

Te souviens-tu de moi ?

c’est moi qui t’est sorti du noir,

c’est moi qui est fendu ton mur.

Te souviens-tu la chaleur des mes bras ?

Ne viens pas m’éconduire, ingrat,

Je t’ai choyer moi, quand tu chialer comme un merdeux,

quémandant l’attention comme un cabot boiteux.

Tu sais qu’il y a des heures où je te vois ?

ridicule, palpitant sous le bleu électrique,

esquivant les souvenir piégés, les chocs,

à feindre la pudeur quand je me fait sensuelle.

Souhaites-tu passer une autre nuit dehors ?

tu te souviens pourtant de ce qui rode,

de celui qui t’attend la nuit devant ma porte.

Oh oui tu sais ! il s’impatiente de toi !

au son de toi, à ton odeur, sa bave s’épand,

ton goût lui manque, il guette ton sang…

Crois-tu qu’un mortel sème son ombre ?

Crois-tu que les pensées se perdent dans le vide ?

Remplacées au matin par des fables livides ?

Et pourtant, moi, je sonnerai la charge de tes errances zélées,

Je pallierai à l’absence, aux morsures infectés,

Je serai ce matin où le soleil se cache,

Je donnerai une teinte argenté aux pénombres où tes espoirs s’échappent.

Ceux-là

Ceux-là

Derrière le temps, les épaules accueillantes,

se tiennent ceux qu’effleure notre l’histoire,

ceux qui le temps venu, feront le pas qui compte.

Quand les idoles s’accaparent les regards faciles,

ceux-là seuls battent le fer à l’abri du spectacle,

dans les décombres où l’honnêteté se terre.

Quand le soir tombe, que la sauvagerie erre,

ceux-là ne comptent pas gagner leur douce chambre,

ils ne sauraient guerre y trouver le temps libre.

Ils y a ceux-ci qui se battissent une belle histoire,

de ce folklore qui fait du bien à l’amour propre,

brassant le vent jusqu’à embrasser leurs chimères.

Reste toujours que certaines choses sont faites,

ces choses-là dont le prix fait désert autour,

elles ne sont faites par personne à part ceux-là.

Indirect

Indirect

Derrière ton œil sévère, tes airs de grande séance,

tu me raconte à moi ce que je pense du monde ;

tu te pose en élite des chefs du bout des ondes,

les fesses trop serrés sur ta petite bonne place.

Tu a compris qu’un prisme est un robuste mur,

tu en oubli qu’une faille est une épaisse fenêtre.

Tu te vois validant les faits, autorisant l’histoire,

il y a quelques solitaires qui ne sont pas d’accord.

Ces mêmes qui reniaient la rectitude des rails,

alors que tes mentors guettaient le sens du vent.

Tu a cru dans les rêves d’un autre, d’un commerçant,

il sera loin le soir ou tu annoncera le feu, les cendres ;

il aura, lui, senti la brise monter, les mots s’évaporer.

Sais-tu qu’à ignorer l’histoire, on la répète sans fin,

Sais-tu que des têtes légitimes ont déjà bien roulé.

Je te l’accorde, c’est souvent les symboles qui trinquent,

mais ceux qui les soufflent, ces apprentis sorciers,

devrait se faire discret, devraient le sol garder ;

car les lames n’oublient pas, elles patientent en silence,

leur tranchant méconnaît le goût du temps qui passe.